Il est urgent que les actionnaires, qu’ils soient individuels ou institutionnels, se mobilisent pour agir auprès des dirigeants des grandes entreprises internationales et les inciter à respecter leurs engagements...
L’imprévisibilité des décisions du Président des États Unis amène de très nombreux acteurs à remettre en cause publiquement celles prises en Europe en réponse aux défis du changement climatique. Certains vont jusqu’à questionner les conclusions des experts du GIEC ; d’autres, plus nombreux attendent une simplification des exigences européennes sur les stratégies climatiques des entreprises et les critères de mesure retenus.
Ainsi en est-il des compagnies pétrolières comme TotalEnergies réclamant début octobre l’abolition du devoir de vigilance, des constructeurs automobiles faisant front commun contre la réglementation européenne sur les objectifs de réduction des émissions à horizon 2030 et 2035, ou encore des aciéristes comme ArcelorMittal reportant sine die ses investissements pour la décarbonation de ses procédés… Tout se passe comme si les risques actuels géopolitiques et économiques étaient plus importants que ceux liés au changement climatique.
Ces postures pourraient prêter à sourire. Mais elles sont le fait de dirigeants politiques et économiques qui, face à la colère du locataire provisoire de la Maison Blanche semblent contraints de lui faire allégeance… Alors même que le risque climatique enclenche des effets irréversibles et cumulatifs, sans aucun retour en arrière imaginable.
Ce mouvement de repli gagne désormais le monde financier. Aux États-Unis, Glass Lewis, l’un des deux principaux proxy advisors (agences de conseil en vote), fait l’objet de pressions croissantes de la part des conservateurs, qui l’accusent de promouvoir un « agenda libéral » au détriment, selon eux, de la performance des entreprises. Pour se prémunir contre de futures poursuites, l’agence a récemment annoncé qu’à partir de 2027, elle ne publierait plus une seule et unique recommandation de vote par résolution, mais des recommandations différenciées selon la sensibilité extra-financière de ses clients investisseurs. Une évolution qui, si elle vise à apaiser les tensions politiques, comporte le risque réel d’un « nivellement par le bas » des exigences des investisseurs en matière d’ESG.
Il est urgent que les actionnaires, qu’ils soient individuels ou institutionnels, se mobilisent pour agir auprès des dirigeants des grandes entreprises internationales et les inciter à respecter leurs engagements pour réduire leur empreinte carbone, tenir compte des impacts de leur activité sur la biodiversité afin de ralentir au maximum les effets induits par le réchauffement climatique.
Cela est dans l’intérêt de tous car les entreprises qui auront investi en ce sens seront les plus performantes dans 10, 20 ou 30 ans et les plus créatrices de valeur pour leurs actionnaires ! Et leurs dirigeants ont besoin que ce message soit porté par ces derniers pour pouvoir y répondre positivement.
Ce sera l’un des axes prioritaires de notre campagne d’engagement cette année. Nous espérons que vous serez nombreux à nous rejoindre et investir dans notre SICAV Phitrust Active Investors France et porter ainsi ce message aux dirigeants des 40 sociétés du CAC 40.