30 mars 2026

STELLANTIS
UNE POLITIQUE DE RÉMUNÉRATION TOUJOURS EN DÉCALAGE AVEC LES INTERETS DES ACTIONNAIRES

La politique de rémunération du nouveau Directeur Général, Antonio Filosa, demeure, selon Phitrust, déconnectée des standards de bonne gouvernance et des pratiques observées au sein des autres sociétés du CAC 40

Communiqué de presse – 30 mars 2026

UN VOTE CONSULTATIF DANS UN CONTEXTE DE TENSIONS RECURRENTES SUR LES REMUNERATIONS

À l’Assemblée générale de Stellantis du 15 avril 2026, les actionnaires seront appelés à se prononcer, dans le cadre d’un vote consultatif, sur le rapport relatif aux rémunérations 2025 des dirigeants exécutifs et non exécutifs (il n’y a pas de vote sur la politique de rémunération ex-ante).

En 2025, le rapport sur les rémunérations 2024 avait été approuvé à 67 % (57,4% en prenant en compte les abstentions). Les trois actionnaires de référence – la famille Agnelli (Exor), la famille Peugeot (EPF) et l’Etat Français (Bpifrance) – détiennent 46% des droits de vote grâce aux droits de vote doubles ce qui représentait 63,6% des voix à l’AG 2025 dont le quorum était de 72,4%.

UNE CONTESTATION DE LONGUE DATE DE LA POLITIQUE DE REMUNERATION

Phitrust s’était publiquement opposé dès 2022 à la structure et à l’opacité de la rémunération attribuée à l’ancien Directeur Général, Carlos Tavares, au titre de 2021 : plus de 70M€[1] dont 44,5M€ au titre d’un plan exceptionnel adossé à des objectifs stratégiques couvrant la période 2021-2025[2]. A la suite du vote négatif des actionnaires à 53%, la structure globale de la rémunération n’avait pas été fondamentalement modifiée : les rémunérations attribuées les années suivantes se sont élevés à 22 M€1 en 2022, 19,7 M€1 en 2023 et 6 M€1 en 2024 dont une indemnité de départ de 2 M€ accordée au CEO (bien qu’il s’agisse d’une démission).

UNE NOUVELLE DIRECTION OPERATIONNELLE, MAIS DES PRATIQUES INCHANGEES

Si aucun plan exceptionnel supplémentaire n’a été reconduit, la politique de rémunération du nouveau Directeur Général, Antonio Filosa, demeure, selon Phitrust, déconnectée des standards de bonne gouvernance et des pratiques observées au sein des autres sociétés du CAC 40, à plusieurs égards :

  • Des niveaux de rémunération nettement supérieurs aux standards. Les montants potentiels de rémunération variable, annuelle (STI) – pouvant aller jusqu’à 400% du fixe – et long-terme (LTI) – pouvant aller jusqu’à 780% du fixe –, sont significativement supérieurs aux médianes des sociétés du CAC 40 et du secteur automobile européen : pour l’exercice 2025, la rémunération du DG s’élève à 9,5 M€ (10,6 M$), dont 1,4 M€ (1,6 M$) de fixe et 5,8 M€ (6,5 M$) de LTI en actions, ce qui représente 170% de la rémunération totale médiane des dirigeants du CAC 40 et 200% de la médiane sectorielle européenne.
  • Un principe de “pay for performance” fragilisé. Le rapport de rémunération 2025 insiste sur ce principe en indiquant qu’une majorité de la compensation du CEO est en LTI et donc « entièrement conditionnelles et dépendant de la performance de Stellantis, sans aucun montant garanti ». Le conseil d’administration a néanmoins décidé l’attribution d’une prime en numéraire de 1,1 M€ (1,2 M$) versée en 2025, 2026 et 2027, afin « de lui assurer une rémunération globale cohérente et compétitive jusqu’à ce que son premier LTI soit réalisé ». L’octroi de ces montants, sans conditions de performance, introduit une incohérence avec les principes affichés, d’autant plus que le dirigeant bénéficiait déjà, au titre de ses fonctions antérieures, de plans de rémunération de long terme en cours d’acquisition.
  • Un alignement stratégique incomplet, notamment sur la transition. L’introduction d’indicateurs relatifs à la qualité produit peut être saluée afin de restaurer la confiance des clients. En revanche, la suppression des critères liés à la progression des ventes de véhicules à faibles émissions apparaît problématique. Alors que le marché automobile européen – premier marché du groupe avec 40 % des ventes – est caractérisé par une part croissante de véhicules à faibles émissions (dépassant 25 % des ventes[3]), cette omission constitue un signal défavorable en matière de pilotage de la transition.

DES DECISIONS DIFFICILEMENT JUSTIFIABLES POUR LES ACTIONNAIRES

La mauvaise gestion du groupe par le précédent CEO vient de conduire à la dépréciation de comptes 2025 pour 25,4 Mds € se traduisant par une perte nette de 22,3 Mds € en 2025 et la division par quatre du cours de bourse depuis mars 2024.

Dans ce contexte, il n’est pas compréhensible pour les actionnaires :

  • qu’il n’y ait pas eu de possibilité de restitution (claw-back) d’une partie de ces montants excessifs versés à l’ancien directeur Générale, Carlos Tavares ;
  • que le Conseil d’administration de Stellantis persiste à accroître le potentiel de rémunération du nouveau Directeur général, Antonio Filosa.

PHITRUST APPELLE A VOTER CONTRE LES REMUNERATIONS ATTRIBUEES AUX DIRIGEANTS

Pour toutes ces raisons, Phitrust appelle à VOTER CONTRE la résolution 2d « Rapport des rémunérations 2025 » lors de l’Assemblée générale de Stellantis le 15 avril 2026.


[1] Ce montant global intègre la rémunération fixe, le bonus annuel, les montants versés pour le régime de retraite supplémentaire et les divers avantages en nature, ainsi que les valorisations historiques des plans de rémunération variable long-terme en actions nouvellement attribués au cours de l’exercice (et pas les quote-part annuelles de tous les plans long-terme, passés et nouveaux, comme le fait la société)

[2] CEO Transformation Incentive 2021 – 2025

[3] Dont 17,4% de voitures totalement électriques, Chiffres 2025 Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA)

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